Devenir conteur (mise à jour du 20/02/2020)
Un jour je me suis laissé emporter par le vent, le vent des rêves.
J’ai chevauché les nuages d'Angelo, les cumulus de chantilly.
Puis sur des cirrus échevelés, ce fut une glissade sans fin.
Un sage vieux corbeau, tout droit sorti du Chouchari, m’a ramené dans les champs où m’attendaient mes trois Èves : Vercorine, Oisanne et Dévoluyne.
Il m’a conseillé, si je voulais être conteur, de suivre le fil imaginaire, celui qui apparaît les yeux fermés.
Quand je l’aurai, je l’accrocherai à Erié, mon étoile, et partirai avec cet équipage tribulant.
Ce vieux sage, dans un ultime Nevermore , m’a annoncé des rencontres d’un bestiaire étonnant, fait d’humains et d’animaux tous extraordinaires.
Ne jamais oublier de laisser une trace, tel du linge à sécher dans le vent… des rêves.
Et si vous ne me croyez pas, vivez-le !
Gérard ISNARD jeudi 20 février 2020
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Jeudi 10 janvier 2019
Je dis que je suis Conteur mais pas encore tout à fait.
Le temps est compté.
Ce n'est pas ma profession pour vivre, c’est un luxe, une forme de philosophie de vie.
Alors je dis, je suis Conteur, par luxe, par confort, … mais surtout pour simplifier.
Je suis un conteur en veille, quJand la réalité m’ennuie ; et la nuit, quelques fragments de mes rêves persistent.
Dans la vie, une partie de mon esprit flotte, là, à coté, mais le réel n’est jamais loin !
C’est très agréable.
Quelquefois, un regard oblique sur les choses ou sur les attitudes de mes contemporains m’entraine dans des songes.
Je suis obligé de conserver suffisamment de vigilance, mais je sais aussi que je rêve, derrière, là-bas, comme une tâche de fond, un « shadow dream »en quelque sorte.
Il arrive que cela se bouscule, et à regret, j’abandonne les idées, en acceptant qu’elles soient peut-être perdues, …ou qu’elles réapparaissent métamorphosées.
Le principe de réalité et un minimum de cohérence me ramènent toujours au réel et le souvenir de cette empreinte diffuse est sécurisant.
L’élaboration du conte commence et tout est quasiment prêt…
Comme une espèce d’entité fantastique et rassurante.
Les occupations journalières rythment à nouveau la vie, l’oubli nécessaire aussi.
Cela aussi s’estompe.
Un espace de temps se découvre, les souvenirs reviennent, confusément.
Et l’envie de mise en ordre s’impose.
C’est le début de la construction du conte.
Pas de plan, pas de méthode, seulement la mise sur papier sous diverses formes, dessins, mots, symboles, … à la façon d’un « sketchenote ».
Toutes les idées, absolument toutes, même les plus farfelues sont reçues avec gourmandise.
Les expérimentés affirment que les ricochets d’un parcours erratique sont des sources créatrices d’images mentales. C’est le but recherché !
Les mots viendront prendre appui sur ce matériau. La mise en ordre aussi.
Il y aura plusieurs ébauches et progressivement le conte se construira dans ma tête.
Chaque conteur a des procédés, toujours réinventés, c’est une assurance d’authenticité.
Je suis Conteur et je revendique le droit à l’excellence autant qu’à la nullité avec toutes les gradations.
Conteur, je m’imagine comme une courroie de transmission : j’ai reçu, je donne…
Pour les contes que je dis, j’ai un sac à idées que je souhaite partager de manière jubilatoire, ici et maintenant, avec toutes celles et ceux qui le souhaitent.
A bientôt. Gérard ISNARD
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